Paul-Emile Victor
(
28 juin 1907 à
Genève -
7 mars 1995 à
Bora-Bora)
explorateur polaire,
ethnologue,
écrivain français,
fondateur des
expéditions polaires françaises,
Grand-Croix de la Légion d'honneur ,
Satrape du Collège de Pataphysique,
...
"La plus ancienne tradition polaire qui soit est française...
Il y a plus de deux mille ans, Pythéas le Marseillais, astronome, navigateur et aventurier, partit vers le nord à la recherche des sources de l'ambre. Il alla jusqu'à Thulé... un pays où "les nuits étaient longues, où il faisait froid et où le ciel et la mer se confondaient parfois en une seule masse grisâtre
".
Le récit qu'il fit, à son retour, parut si incroyable aux hocheurs de têtes omniscients de l'époque qu'on le traita de menteur, surnom qu'il conserva jusqu'à nos jours."
(Pôle Nord, PEV, Hachette, 1963)
Né le 28 juin 1907 à Genève, ses parents habitent Saint-Claude dans le Jura (39), Paul-Émile Victor est, dès son enfance, attiré par la Polynésie, les pôles et les voyages. Il oriente ses études pour réaliser cette vocation : École Centrale de Lyon, École de la Marine Marchande de Marseille, service militaire dans la marine "pour apprendre à naviguer". Il suivra les cours d’ethnologie de Marcel Mauss et Lucien Lévy-Bruhl au Musée d’ethnographie du Trocadéro (futur Musée de l’Homme).
"J'avais quinze ans et je rêvais depuis longtemps d'avoir "mon coin à moi".
Mes parents n'hésitèrent pas à m'attribuer cette mansarde. L'ordre parfait qui y régnait permit de la vider en quelques heures. Je pris bientôt possession de mon nouveau domaine.
Je passais des heures dans la mansarde vide, assis dans un coin, imaginant son installation, mettant au point le système d'éclairage, combinant les rayonnages et les meubles que j'allais fabriquer. J'ai souvent pensé depuis à cette période de travail intense sans un geste et de concentration au cours desquels une idée prend la forme d'un projet dans ses grandes lignes, puis dans ses détails, jusqu'au moment où, tout étant prêt, il ne reste plus qu'à passer à l'exécution. (L'expression "il ne reste plus qu'à" est évidemment inadéquate : le plus gros reste à faire.)"
La mansarde, Stock, 1981
Je me souviens aussi d'avoir découpé dans un journal du soir la photographie de Charcot "entouré de ses jeunes amis, les lycéens de Paris" au cours d'une fête au Jardin des Plantes. J'avais regardé longuement cette photo, éprouvant un sentiment d'envie et de jalousie pour ces lycéens dont j'avais passé l'âge, mais qui, eux, avaient eut la chance de voir Charcot de près et peut-être même de lui parler.
Quelques années passèrent encore, dans la petite usine paternelle. Ouvrier d'abord, de machine en machine, puis dans l'atelier que je connaissais si bien par les bricolages de mon enfance ; la règle à calcul ensuite pour les prix de revient, l'administration, le service commercial ; et enfin la tournée des clients, en France et à l'étranger, une valise d'échantillons à la main, obligé de faire, devant chaque porte, un violent effort pour affronter des inconnus qui me montraient invariablement des dents menaçantes. Tous mes désirs de grands départs semblaient, sinon oubliés, du moins profondément enfouis, loin de toute conscience. Mais un grand amour ne se détruit pas si facilement. Le mien revint petite à petit jusqu'à s'imposer par un désir réel de "faire ce qu'il faut".
Mon père, qui toujours sut me diriger et me comprendre, ne fut pas surpris de ce que je lui exposai.
Il me regarda longuement en silence. D'un geste de réflexion qui lui était familier, il avait caché dans sa main le bas de son visage - une moustache et une barbiche à la Napoléon III - je vis tout d'abord passer dans ses yeux gris une lueur de tristesse.
- Je vois, dit-il... Tu n'envisage pas de reprendre l'usine plus tard...
Je n'eus pas besoin de répondre.
- Je vois, dit-il... et je comprends. Moi aussi, lorsque j'étais jeune, j'ai désiré partir pour le Canada. J'avais rassemblé toute la documentation s'y rapportant. Mais la vie...
Silence.
Lentement, à la tristesse fit place dans ses yeux un sourire que je ne compris pas tout d'abord. Il se leva, vint vers moi, me mit une main sur l'épaule.
- Une seule solution, dit-il : tu as fait des études scientifiques. Il faut que tu ailles les compléter par des études de lettres.
Quelques années auparavant, après mes bachots, il m'avait dit :
- Tu es attiré par les lettres : il faut faire des études scientifiques.
Je venais de comprendre le sourire de ses yeux.
Je venais de constater une fois de plus, qu'il était un grand bonhomme, mon père.
-Quand veux-tu partir ? ajouta-t-il.
PEV, la voie lactée, Proverbe, 1995, page33
Il organise en 1934 sa première expédition polaire. Le Commandant Charcot le dépose, avec trois compagnons (Michel Perez, Robert Gessain, Fred Matter), pour un an sur la côte Est du Groenland, chez les Eskimo d'Ammassalik.
Janvier 1934
Réponse de Charcot à ma demande d'embarquement à bord du Pourquoi-Pas? pour sa croisière d'été :
Monsieur,
Vous ne pouviez trouver de meilleure recommandation que celle de mon cher vieux camarade Kergomard.
Il serait prématuré de prendre une décision car la prochaine croisière du Pourquoi-Pas ? n'est pas encore établie, et son programme n'est que très ébauché dans ma tête.
J'envisage cependant la possibilité de votre collaboration éventuelle et aurais grand plaisir à en causer avec vous.
Veuillez agréer je vous prie, Monsieur, l'assurance de mes sentiments empressés et dévoués.
Dr Charcot
"Boréal-Banquise", PEV, Ed. Grasset, 2008 (Préface)
"-Mouillez, dit Charcot.
- Mouillez ! crie Chatton, capitaine du Pourquoi-Pas? depuis que Charcot a atteint l'âge de la retraite.
Cri de triomphe. cri de victoire...
Le splatch de l'ancre qui plonge, le rugissement de la chaîne qui prisonnière depuis de nombreuses semaines, s'écoule sur les glaces du fjord et vient se perdre sur les glaciers.
Ce pays est chauve, bossu, pelé ; la lumière vorace, livide. Les cailloux sont rongés par les vents qui déboulent du désert de glace, proche. La mer est noire où dansent quelques glaçons étincelants.
Voilà le pays de mes rêves."
L'Iglou, Stock, 1987
"Vivre avec les Ammassalimiut, ou comme l'un des leurs, c'est vivre au milieu des glaces, des glaciers et des icebergs, et chaque jour avec le risque d'y laisser sa peau."
Eskimo, Stock1988
Début 1936, il y retourne et traverse le désert de glace du Groenland (l'inlandsis), d'ouest en est, en traîneaux à chiens, avec Robert Gessain, Michel Perez et Eigil Knuth.
Cette expédition scientifique fut organisée avec le concours du Ministère de l'Education nationale et de l'Université de Paris; elle fut entreprise dans le but précis de permettre à trois des membres de l'Expédition Française sur la côte Est du Groenland de compléter leurs travaux et les observations accumulées pendant l'hivernage 1934-1935.
Composition de l'expédition.
L'expédition devait être composée des trois membres de l'expédition précédente: le Docteur Robert Gessain, anthropologue, Michel Perez, géologue, Paul-Emile Victor, ethnographe. L'expédition était en, voie de réalisation lorsque ses trois membres accueillirent avec plaisir l'offre de participation de leur ami danois Eigil Knuth
But de l'expédition.
Le but de l'expédition était de séjourner deux mois d'été à Angmassalik afin de pouvoir y travailler. La banquise interdit aux navires l'accès de la côte orientale du Groenland. L'expédition désirait arriver à Angmassalik le plus tôt possible dans la saison d'été. La traversée d'Ouest en Est ne se présentait donc pas comme un but en soi, mais comme le seul moyen permettant de séjourner deux mois au moins dans le district d'Angmassalik.
Le Docteur Robert Gessain était désireux de compléter ses études sur la race eskimo; Michel Perez ses observations de géographie physique. Mais ils n'entendaient point refaire un séjour d'une année au Groenland, car ils jugeaient que deux mois seraient suffisants pour leurs travaux; l'hiver, d'ailleurs, devait être consacré au dépouillement en laboratoire des documents et des observations, ainsi qu'aux publications. Pour Robert Gessain et Michel Perez la traversée du Groenland était donc une nécessité.
Paul-Emile Victor et Eigil Knuth avaient décidé d'hiverner : Victor pour continuer ses enquêtes ethnographiques, Eigil Knuth dans un but artistique (sculpture et peinture). Pour eux, la traversée était avantageuse; arrivés plus tôt sur la côte est, ils disposaient de plus en plus de temps pour préparer sur place leur hivernage.
Programme scientifique de la traversée
Quoique la traversée ne fût en elle-même qu'un moyen, il était indiqué de l'utiliser au maximum; un programme scientifique fut établi :
1° pendant la traversée, des observations météorologiques systématiques seraient faites;
2° la traversée permettrait à Perez de poser les premiers jalons pour une étude par sondage du profil du substratum de l'inlandsis, non encore déterminé;
3° elle donnerait aussi l'occasion de traverser les chaînes de montagnes côtières encore inconnues qui bordent le district d'Angmassalik et d'y faire des observations d'ordre géologique.
Au cours de l'hiver, pendant la préparation, on apprit qu'une épidémie décimait la population eskimo d'Angmassalik. L'expédition emporta à l'usage des indigènes des médicaments nouvellement mis au point.
Appuis et subvention
Le Docteur Charcot ne donna pas seulement son appui moral à l'expédition, mais il la fit profiter de sa grande expèrience des choses arctiques, et il lui accorda l'aide du "Pourquoi-Pas?".
Le gouvernement danois et le Groenland Styrelse témoignèrent à l'expédition le plus grand intérêt, et c'est grâce à eux qu'elle put être réalisée.
L'expédition obtint des subventions officielles :
du Ministère de l'Education nationale
du Ministère de la Santé publique et des Sports
Les subventions officielles, quoique importantes ne suffisaient pas; des dons particuliers et la générosité des industriels apportèrent au budget de l'expédition une aide décisive. Toute la mise au point des recherches se fit dans le laboratoire d'anthropologie du Professeur Rivet et au Musée d'Ethnographie.
Club Alpin Français N°291, juillet 1937 (Extraits)
Après cet exploit, PEV reste seul au Groenland et s'installe à Kangerlussuatsiaq (côte est, 66° N) où il vit au sein d'une famille inuit pendant quatorze mois, "comme un eskimo parmi les eskimos".
"Notre maison a huit mètres sur six. Nous y sommes vingt-six en tout : vingt-cinq eskimos et moi-même. Les différentes familles composant le groupe, liées par des liens familiaux divers, vivent sur la plate-forme principale, adossée à la colline. Les célibataires, dont j'étais, malgré le fait que Doumidia était ma compagne, vivant sur la plate-forme près de la fenêtre"
Boréal et Banquise, Grasset, 2008
"Derrière la maison commune, je construis ma cabane. Elle mesure deux mètres vingt sur deux mètres. Elle est destinée à m'isoler quand je travaille à réunir tous mes documents ethnologiques et autres, et tout mon matériel de navigation ou de chasse."
J'étais dehors dans mon kayak
J'étais en mer dans mon kayak,
je pagayais dans mon kayak.
Tout doucement je pagayais
dans Ammassivik le fjord.
Il y avait des glaces sur l'eau.
Sur l'eau aussi un pétrelle
qui tournait la tête de tous côtés
sans me voir pagayer.
Soudain plus que sa queue
et puis plus rien.
Il a plongé, mais non pour moi :
une grosse tête était sur l'eau,
celle d'un gros phoque poilu.
Une grosse tête aux gros yeux.
et ses moustaches brillaient
d'ou tombaient des gouttes d'eau.
Et le phoque s'en vint doucement
de mon côté.
mais je ne l'ai pas harponné!
Pourquoi ?
Peut-être par pitié ?
Peut-être parce qu'il faisait beau
et que le phoque jouissait du soleil
comme moi.
Poèmes Eskimo, PEV, Seghers, 1958
Cette expérience se révèle primordiale pour le reste de sa vie. D'octobre 1936 à février 1937, il reste au sein de la communauté, bloqué par le mauvais temps. Il profite de ce temps pour compléter ses notes ethnographiques. Il maîtrise maintenant parfaitement la langue inuit.
A partir de 1937 il enchaîne les raids en traîneaux pour découvrir l'arrière pays toujours en compagnie de son fidèle compagnon Kristian. C'est ainsi qu'il explorera les alentours du Mont Forel et réalisera de nombreux relevés topographiques et cartes géographiques.
"Petit à petit le soleil monte au-dessus de l'horizon. Les femmes jouent dehors. Les hommes, tout en continuant à chasser en traîneau, préparent les kayaks et les grands bateaux familiaux, les oumiaks.
Brusquement, une sorte de folie s'empare de tous. C'est le moment de changer d'habitation et de mode de vie. On démolit, ou plus exactement on démonte, les maisons dans la joie, pour "chasser l'odeur des hommes qui fait fuir les phoques". Alors commence le nomadisme saisonnier. Les groupes se dispersent et vont planter leurs tentes le long des côtes ou au bord des rivières."
Eskimos, nomades des glaces, Hachette, 1972 (page 63)
"Je commence à voir un peu plus clair dans ce qu'on a appelé le "communisme" des Eskimo. La distribution de la viande du phoque ramené par le chasseur n'est pas laissé à l'arbitraire de la femme, mais est parfaitement réglementée.
Les chasseurs ayant participé à la chasse au phoque de grande taille en ont également chacun une part bien déterminée.
Il est vrai que l'ensemble du système est soumis à la bonne volonté : plus exactement à la courtoisie du chasseur et de sa femme ; ou de la femme qui dépèce les phoques. Le système économique des Eskimo est basé sur la courtoisie. Chose merveilleuse.
Le père et la mère du chasseur reçoivent toujours de leur vivant la même part (iziwa'): le demi-poitrail et le sternum. A la mort de l'un d'eux, l'autre reçoit cette part. S'ils sont morts tous deux, cette part est donnée à l'homonyme (adia) du premier mort.
Et alors, il se passe une chose extraordinaire. Exemple : Cakacia est mort (Cakacia, père de Peqinice). Pucia met au monde, un mois plus tard, un enfant. La vieille femme de la maison fait l'accouchement, lui passe de l'eau dans la bouche, lui prend l'annulaire entre le pouce et l'index, et lui murmure à l'oreille tous les noms des morts récents de la famille (qu'il portera). Parmi eux, et probablement en premier : Cakacia. Cette âme-nom entend qu'on l'appelle. Elle vient se loger dans le corps de l'enfant, en entrant par l'anus, porte des âmes. L'enfant vient de naître. Il s'appelle Cakacia !
Le lendemain Piqinice ramène un phoque. Il tend le iziwa à Pucia.
- C'est pour lui, dit-il.
Pucia le prend, entre le pouce et l'index, le tend vers le bébé et lui dit :
- Tu vois, ton gentil fils a encore tué un phoque.
Puis elle le fait cuire.
Avant de le manger elle-même, elle en coupe un morceau, le montre au bébé en disant :
- Voilà ta part.
Puis ayant mangé ce morceau, elle pince le bout de ses seins en s'adressant à eux et leur dit à peu près :
- Et maintenant, tâchez que ça devienne du lait.
Journal de Kangerlugssuatsiak, 16 otcobre 1936
En 1939, il fait un séjour d'études ethnographiques en Laponie, avec les docteurs Michel et Raymond Latarjet.
Démobilisé de la marine française après l'armistice de 1940, il quitte la France en 1941, et s'engage dans l'US Air Force comme simple soldat. Après plusieurs formations il est nommé lieutenant en 1943 Pilote et parachutiste, il devient instructeur à l'École d'Entraînement Polaire, où il crée les escadrilles "Search and Rescue" pour l'Alaska, le Canada et le Groenland, chargées de la recherche et du sauvetage des équipages aériens.
En 1947, il fonde les Expéditions Polaires Françaises (EPF) - Missions Paul-Émile Victor, qu'il dirigera jusqu'en 1976.
A la tête des EPF, Paul-Émile Victor conduit de nombreuses expéditions au Groenland (Arctique) et en terre Adélie (Antarctique), où est construite une base scientifique française permanente. Il sera en outre Chef de l'Expédition Glaciologique Internationale au Groenland (EGIG), Président du Scientific Committee of Antarctic Research (SCAR), Président du Comité Antarctique Français pour l'Année Géophysique Internationale (AGI).
"En juin 1947, Paul-Émile Victor présente au gouvernement français un double projet d'expédition : un groupe irait au Groenland et l'autre en Antarctique. On sait le succès des campagnes successives et des hivernages sur la calotte glaciaire du Groenland. Mais pourquoi, au lendemain de la guerre, l'envoi d'hommes à la Terre Adélie, à l'autre bout du monde ?
Plusieurs raisons militaient en faveur de cette lointaine expédition : d'abord les nécessités de la recherche scientifique, dans une certaine mesure facilitée de nos jours par les progrès de la technique ; d'autre part notre ignorance quasi totale de ce territoire. Mais l'équipe qui se préparait avait aussi une autre mission. Par sa présence dans ce territoire, elle devait réaffirmer les droits de la France sur cette portion du continent antarctique ; le chef d'expédition était nommé représentant du Gouvernement français ; un bureau postal allait être ouvert pour lequel un timbre venait d'être émis ! Il s'agissait de l'établissement d'un véritable village français, le plus isolé, le plus éloigné de tout lieu civilisé. Il fallait donc établir une base, solide, confortable, capable d'abriter les équipes successives de chercheurs délégués par la Commission scientifique des Expéditions polaires."
Terre Adélie, André-Frank Liotard, Robert Pommier, Arthaud, 1952
A partir de 1962, il organise de multiples activités sur la défense de l'homme et de son environnement, et devient en 1968, Délégué Général de la Fondation pour la Sauvegarde de la Nature, créée par Louis Armand.
En 1974, il crée le Groupe Paul-Émile Victor pour le Défense de l'Homme et de son Environnement, avec entre autres Jacqueline Auriol, Alain Bombard, Jacques-Yves Cousteau, Louis Leprince-Ringuet et Haroun Tazieff.
Paul-Émile Victor réalise en 1977 son second rêve d'adolescence : il s'installe avec sa famille sur une île déserte de la Polynésie Française, où il dessine, peint, expose.
En 1987, pour fêter ses 80 ans, il retourne en terre Adélie puis va, pour la première fois, au pôle Nord.
Il s'éteindra sur son îlot, le 7 mars 1995, et sera, selon sa volonté, immergé depuis la frégate "Dumont d'Urville", de la Marine Nationale, au large de Bora Bora.
"Quand on parle aujourd'hui de ses "racines", je comprends ce que cela veut dire. Et, cependant, je ne cherche pas à retrouver les miennes. Elles ne m'intéressent pas. Pas vraiment. Je suis du pays des bois, des cyclamens et des sapins noirs. Mais aussi du pays des glaces, des blizzards et de la faim. Ou encore du pays des lagons émeraude, du soleil et du vent. Je suis un citoyen du monde."
Dialogues à une voix, Robert Laffont, 1995
Bibliographie
Paul-Émile Victor est l'auteur de près de quarante ouvrages scientifiques, techniques et de vulgarisation. Parmi eux, on trouve notamment :
1938 : Boréal
1939 :Banquise
1948 : Apoutsiak, le petit flocon de neige
1951 : Poèmes eskimo
1953 : La grande faim
1958 : Pôle sud
1961 : La voie lactée
1962 : L'homme à la conquête des pôles
1963 : Pôle nord
1966 : Tahiti
1967 : Pôle nord, pôle sud
1968 : Sur la piste blanche
1971 : Terres polaires, terres tragiques
1972 : Eskimos, nomades des glaces
1974 : La prodigieuse histoire des pôles
1974 : Chiens de traîneaux, compagnons du risque
1975 : Mes aventures polaires
1975 : S eau S
1975 : La vie des eskimos
1976 : A l'assaut du pôle nord
1977 : Les survivants du Groenland
1977 : Du Groenland à Tahiti
1978 : Protégeons l'eau
1979 : Jusqu'au cou... et comment s'en sortir
1980 : Les loups
1981 : La mansarde
1982 : Blizzards
1987 : L'iglou
1988 : Eskimo
1989 : La civilisation du phoque, tome 1
1990 : Premières expéditions au Groenland
1992 : Planète Antarctique
1993 : La civilisation du phoque, Tome 2
1994 : Ah ! Que le monde est beau !
1995 : Dialogues à une voix
Pour en savoir encore plus,
www.paulemilevictor.fr
Adhésion au Centre polaire PEV : cliquez ici